En 2022, 10 % des mariages dans le monde unissent des cousins. Un chiffre qui dérange, interroge, ou passe inaperçu selon les latitudes. La France, elle, affiche une position singulière : la loi tolère l’union entre cousins germains, tout en maintenant des interdits stricts pour d’autres liens familiaux. Au-delà de nos frontières, les règles varient, oscillant entre tolérance assumée, restrictions rigides et débats passionnés sur la consanguinité et les valeurs familiales.
Le mariage entre cousins : une réalité diverse selon les sociétés
Selon les sociétés, les mariages entre membres de la même famille élargie éveillent la curiosité, suscitent l’incompréhension ou s’inscrivent dans la banalité du quotidien. Longtemps, le mariage entre cousins germains s’est imposé comme une évidence dans certaines régions, alors qu’il heurte encore de vives résistances ailleurs. En France, même si la pratique reste relativement confidentielle, elle est loin d’avoir disparu des registres d’état civil.
Dans des régions comme le Maghreb, le Moyen-Orient ou l’Asie du Sud, le mariage entre cousins s’inscrit dans une longue tradition. On y voit un moyen d’assurer la continuité des liens familiaux, de veiller à la transmission du patrimoine, de renforcer la solidarité du groupe. À l’opposé, dans de nombreux pays européens ou sur le continent américain, ces unions se heurtent à la fois à la loi et à des réticences sociales persistantes.
Dans la plupart des sociétés occidentales, ce type d’union évoque immédiatement la consanguinité ou réveille de vieilles peurs morales issues de la tradition chrétienne. Pourtant, la France tranche : le code civil ne s’y oppose pas, contrairement à l’Allemagne, à la Chine, ou encore à certains États américains où les sanctions peuvent tomber. Voici un tour d’horizon des pratiques selon les pays :
- En France : aucune démarche additionnelle, le mariage entre cousins germains n’est pas entravé par la loi.
- Au Royaume-Uni : le mariage est légal, même si la société débat encore de son opportunité.
- En Italie ou en Espagne : la législation ne pose pas d’obstacle, mais la fréquence varie beaucoup d’une région à l’autre.
- Au Maroc, en Égypte, en Inde : ces unions sont largement pratiquées, inscrites au cœur des stratégies familiales.
De la légalité à l’ancrage dans les coutumes, le mariage entre membres de la famille éloignée prend bien des visages. Les normes évoluent au fil des mentalités, dessinant un paysage où chaque État fixe ses propres limites.
Quelles sont les lois en France et à l’international concernant le mariage avec la fille de son cousin ?
En France, le code civil pose des interdits nets : pas de mariage possible entre parents et enfants, ni entre frères et sœurs, ni entre oncle et nièce ou tante et neveu. Mais dans la lignée des cousins, la règle change. La fille de son cousin ne figure pas parmi les unions interdites. Il n’existe aucune mention spécifique dans la loi, ni démarche exceptionnelle à prévoir. Ici, tout relève du régime général : une simple démarche à la mairie, sans demander d’aval particulier à une autorité supérieure.
À l’étranger, la législation varie fortement, oscillant parfois entre ouverture et fermeture totale :
- En Belgique, en Espagne ou au Royaume-Uni, la parenté par cousinage ne fait pas obstacle au mariage.
- En Italie, la porte reste ouverte, la loi ne vise pas ces unions.
- Aux États-Unis, tout dépend de l’État : certains les acceptent, d’autres les interdisent sans ambiguïté.
- En Allemagne, la loi cible certains liens familiaux, mais la fille de cousin échappe souvent à ces restrictions.
Le véritable critère, c’est le degré de parenté. Les législations s’arrêtent surtout sur les liens les plus proches, alors que les cousins éloignés ou leurs enfants ne sont généralement pas concernés par les interdits. Cette diversité des approches illustre à quel point la notion de famille, et la façon de l’encadrer, se modifient au gré des cultures et des traditions juridiques.
Consanguinité et risques génétiques : ce que dit la science
Le mariage entre cousins alimente depuis longtemps les débats, entre inquiétudes sanitaires et idées reçues. La consanguinité désigne l’union entre personnes ayant des ancêtres communs proches, cas typique d’un mariage entre cousins germains, mais la question se pose aussi pour la procréation avec la fille d’un cousin.
Les chercheurs sont formels : le risque de maladies génétiques rares s’accroît si les deux parents partagent des ancêtres communs récents. Ainsi, le risque de malformation chez un enfant issu d’un mariage entre cousins germains passe d’environ 2 % à 4 %. Pour une union avec la fille d’un cousin, les statistiques montrent un risque inférieur à celui des cousins germains, mais supérieur à la moyenne générale. La transmission de maladies génétiques récessives reste donc possible, même si la probabilité demeure modérée.
Les spécialistes rappellent que ces maladies n’apparaissent que si les deux partenaires sont porteurs d’une mutation identique. Pour les couples concernés, il existe des solutions concrètes :
- Un accompagnement génétique s’avère recommandé en cas d’antécédents familiaux.
- Des examens médicaux permettent aujourd’hui de détecter certains risques avant toute grossesse.
Autrement dit, la consanguinité ne suffit pas, à elle seule, à justifier une interdiction du mariage entre la fille d’un cousin et un membre de la famille. Ce que pointe la science, c’est l’intérêt d’une information claire et d’un accompagnement personnalisé pour les futurs parents.
Regards sociaux et débats moraux autour du mariage entre cousins
Le regard de la société ne se fait jamais discret lorsqu’il s’agit de mariages au sein d’une même famille, même éloignée. En France, parler d’union avec la fille de son cousin déclenche des réactions souvent embarrassées, parfois teintées d’ironie ou d’incompréhension. Cette réticence s’enracine dans une culture où le tabou de l’inceste déborde largement le champ de la loi. À l’international, ces perceptions varient du tout au tout.
Dans des régions comme le Maghreb, le Moyen-Orient ou l’Asie du Sud, le mariage entre cousins reste courant, valorisé pour la cohésion qu’il apporte aux familles et la protection des biens. Sur d’autres continents, Europe du Nord, Canada, États-Unis, ces pratiques, jugées archaïques ou risquées, font l’objet de critiques voire de rejet.
Le débat moral oppose deux logiques : d’un côté, la volonté de protéger la santé des enfants à naître ; de l’autre, la défense de la liberté individuelle et du choix des adultes. Les uns prônent la rupture avec la tradition, appelant à ouvrir la famille sur l’extérieur ; les autres mettent en avant la solidarité du groupe familial, la fidélité à l’histoire commune.
- La notion de tabou culturel se transforme au fil du temps, influencée par les croyances, les normes et les peurs collectives.
- Films, récits familiaux ou romans contribuent à façonner l’image, positive ou négative, de ces unions.
Dans une société qui accorde une place de choix à l’indépendance individuelle, la question du mariage entre cousins, même éloignés, reste un révélateur : elle met à nu nos rapports à la norme, à la famille et à la diversité des modèles possibles. Un miroir tendu à nos propres contradictions, qui n’a pas fini de faire parler.


